GCC en 1855 : 2020 & 2021 - Les enseignements

L’herbe est toujours plus verte ailleurs. Voilà qui résume bien l’anecdote rapportée par le directeur d’un Grand Cru Classé (GCC) en 1855, lors de notre visite en Médoc et Sauternais pour la dégustation des livrables 2020 et 2021* au début du mois de février. Une anecdote qui, selon lui, détermina sa carrière. Jeune et plein d’ambition, cet œnologue fraîchement diplômé rêve alors de Californie. Attiré par le dynamisme et la modernité des vins de la Napa Valley, il rencontre des producteurs étonnés par l’enthousiasme du jeune premier à l’égard des vins américains : « La terre entière rêve de vinifier un Grand Cru Classé du Médoc et toi, tu viens chercher du boulot chez nous ! » D’outre-Atlantique, l’herbe était évidemment plus verte en Médoc (bien qu’à l’époque l’herbe était rare…). Elle était aussi pour « la terre entière »… Il n’en fallait pas plus pour convaincre notre cher œnologue de rentrer en France et poursuivre sa brillante carrière au sein d’un GGC du Médoc. 

Verres à dégustation La Tulipe Rouge chez Château Montrose

Connaissez-vous beaucoup de vins que « la terre entière » rêverait de produire ? On serait tenté d’en citer un certain nombre, mais la réalité est bien plus tranchée : les Grands Crus Classés de Bordeaux et les Grands Crus de Bourgogne écrasent la concurrence en dehors de nos frontières… Pourtant, les GCC, à l’exception d’une poignée de châteaux, reconnaissent que le marché actuel est complexe. Pour preuve, le bilan mitigé de la dernière campagne des Primeurs sur l’excellent millésime 2022. Entre les faits et les mots, il y a les maux que beaucoup pensent avoir identifié : les prix, l’image, la qualité, la distribution, etc. Tout y passe sans que se dégage un fait probant sur l’état du marché des Grands Crus Classés. Nous nous y risquons à notre tour, non sans un certain décalage, en faisant la critique non pas des châteaux, mais de ceux qui en ont parlés, pour mieux révéler ce qui n’a pas été dit ou compris, et justifier notre analyse des livrables 2020 et 2021. 

 

Les effets négatifs d’une critique bienveillante

En tant que critiques, nous avons évidemment une analyse étayée sur l’évolution de la qualité des vins. En tant que critiques, nous avons aussi un regard sur nos confrères, toujours bienveillant, mais toujours aiguisé ! Si la presse n’a aucun pouvoir, c’est-à-dire une position de commandement qui conduirait ses lecteurs à faire ce qu’elle veut qu’ils fassent, elle n’en demeure pas moins influente dans sa capacité à modifier les représentations et les comportements de ses derniers. 
La presse spécialisée, et plus particulièrement les critiques, a joué, dans sa majorité, un rôle sous-estimé dans la perception actuelle des GCC. Leur bienveillance intéressée à l’égard de certains châteaux, quels que soient les millésimes, a eu des conséquences délétères sur l’amateur contemporain. Si les Châteaux ont intérêt à obtenir la meilleure note, le critique a lui aussi intérêt à mettre la meilleure note, afin de bénéficier des ressources symboliques et matérielles de ces mêmes châteaux.** Au fond, que ces derniers mettent en avant ceux qui les ont appréciés, c’est de bonne guerre ! Tous les producteurs de vin de la planète font cela. La note étant créatrice de valeur, autant prendre les meilleures – les affaires sont les affaires. Mais quand l’ensemble des critiques soutiennent unanimement ou presque l’insoutenable, un très mauvais millésime par exemple, de façon répétée, année après année, les affaires se compliquent. Les critiques ont beau s’essayer à des pirouettes du genre « dans l’absolu c’est une bonne note, mais pour ce château c’est une mauvaise note », c’est trop tard, l’amateur n’y croit plus, les châteaux se déconnectent de la réalité, retardent les efforts à fournir le cas échéant et précipite le déclin de leurs vins par les notes qu’ils croient servir à les valoriser. 
Pour autant, une fois le bon diagnostic établi et les grands chantiers entrepris, les difficultés persistent. Et pour cause : c’est toujours les mêmes, ceux que l’amateur ne croit plus, qui assurent le relais médiatique, faisant de leurs publications la pire des publicités. La meilleure preuve étant la succession exceptionnelle de grands millésimes que Bordeaux a connue ces dernières années, sans pour autant connaître un enthousiasme équivalent sur les marchés. La question du prix si souvent avancée n’est en réalité qu’une conséquence malheureuse qui ajoute de l’huile sur le feu médiatique ; les vins les plus chers étant ceux qui se vendent le mieux. Quant aux volumes de vins, cela relève plus du transfert sur d’autres régions à l’image médiatique plus séduisante que d’une baisse certes réelle, mais pas encore assez importante de la consommation. Et la qualité ?  Nous y venons.

 

Les banalités destructrices d’une presse à sensation

La presse généraliste, elle, s’est chargée de déconnecter l’image du vin du vin lui-même, en passant sous silence les évolutions qualitatives de la région au profit d’une accumulation de scandales en tout genre. De la vigne au chai en passant par les consultants, tout le monde en a pris pour son grade ! Il eut été journalistiquement rigoureux d’étendre ces enquêtes aux autres régions (et pas seulement la Champagne, l’éternel complice du Bordelais, c’est bien connu) pour une perspective plus objective de l’état du vignoble français. Sur ce point, nous rappellerons simplement que l’herbe, il y a une trentaine d’années, n’était pas plus verte ailleurs. Les clones et les porte-greffes productifs, par exemple, étaient la norme partout en France dans les années 1980. Tout comme les herbicides et les fertilisants azotés. À l’exception de quelques producteurs avant-gardistes ici-et-là, l’ensemble du vignoble français, à cette époque, a connu les gros rendements et la maturité en sucre au détriment du fruit. Côté chai, n’allez pas imaginer que l’œnologie bordelaise était moins vertueuse ou plus interventionniste qu’ailleurs ! Quant aux consultants, si certains à Bordeaux sont devenus célèbres, ceux implantés dans les autres régions ont eu une influence aussi grande, mais certainement moins médiatisée. 

Cuverie du Château Lynch-Bages
Cuverie du Château Lynch-Bages

En réalité, dès les années 2000, Bordeaux a initié des changements dans sa culture de la vigne et ses vinifications. Et depuis une quinzaine d’années, un nombre conséquent de châteaux entretient des couvertures végétales entre les rangs de vignes, à la fois pour la gestion hydrique des sols, mais également pour la fixation de l’azote et la décompaction de sols. Des replantations ont eu cours, en privilégiant des sélections massales et des porte-greffes plus qualitatifs. De la même façon, l’implantation des cépages a été repensée en fonction de la qualité (auparavant, beaucoup de châteaux protégeaient le merlot, connu pour son débourrement précoce, en le plantant à l’abri du gel sur les terrasses graveleuses, pourtant réputées idéales pour le cabernet), de même que l’orientation des rangs pour contenir les effets du réchauffement climatique. Malgré un climat océanique propice au développement des maladies cryptogamiques, les viticultures alternatives, comme l’agroforesterie ou l’agriculture bio-biodynamique, se sont développées au sein du vignoble. Au chai, les raisins arrivent mûrs, et plus trop mûrs ou pas assez mûrs. Les cuves se sont démultipliées afin de profiter de vinifications parcellaires ou de vinification par âge de vignes. Que ce soit le tri optique, densimétrique ou visuel à la vendange, des remontages plus espacés ou à l’aide d’un Rpulse*** pendant la phase fermentaire, les techniques de vinification ont évolué de façon spectaculaire sur une matière première souvent mieux préservée au moment de la cueillette ou de la trie. 

Parc à barrique du Château Lynch-Bages
Chai à barriques du Château Lynch-Bages

Quant à l’élevage, il s’est affiné, parfois raccourci, au profit de bois mieux sélectionnés et de contenants alternatifs comme les dolia, les foudres ou les Wineglobe, limitant les risques d’oxydation et la prise de bois. Enfin, la microbiologie a aussi évolué. Si les années 1990-2000 laissent quelques souvenirs malheureux de vins phénolés, comme dans d’autres régions par ailleurs, les derniers millésimes semblent faire preuve d’une plus grande précision en la matière alors même que le réchauffement climatique rend les vins plus vulnérables. 
Tout bien considéré, la presse, à défaut d’information, a préféré faire sensation, en privilégiant dans ses papiers le nom de l’architecte qui a refait le chai au détriment des changements viticulturaux et œnologiques qui ont remis les châteaux sur le chemin de la qualité. C’est dommage, car il y avait véritablement de quoi critiquer les vins d’alors, pourtant bien notés par les critiques, ces vins qui en partie déçoivent aujourd’hui parce qu’ils sont déjà évolués ou asséchés par l’élevage. C’est dommage parce que cela aurait permis à ces châteaux de parler de leurs projets, de leurs réflexions et de leur envie d’aller vers des vins plus équilibrés, qu’ils produisent désormais depuis une dizaine d’années. La presse aurait pu informer l’amateur et l’amateur aurait sûrement pardonné. 

 

Bordeaux, caisse de résonance du vignoble français

Au fond, si Bordeaux a été sous les feux de la rampe, c’est surtout parce que Bordeaux et ses Grands Crus cristallisent les débats. Tous les ingrédients du soap opera sont là, sous nos yeux : les grandes propriétés, les grands mécènes, les grands consultants, les faits divers politiques, les scandales écologiques, etc. N’oublions pas que cette actualité croustillante est aussi le lot des autres vignobles. Elle est simplement moins incarnée et certainement moins connue de la presse grand public. Bien entendu, Bordeaux n’est pas exempt de tout reproche (qui l’est d’ailleurs !), mais ce qui vaut pour la région vaut aussi pour les autres, à des degrés divers selon les sujets abordés. Il est amusant de constater que l’amateur connaît souvent les propriétaires du Château Latour et du Château d’Yquem mais ignore ceux du Clos des Lambrays ou du Clos de Tart en Bourgogne… Comme si la vertu de l’investissement dépendait du vignoble ! Ajoutons un dernier élément, la taille : 19 ha de vignes en moyenne par exploitation viticole en France, 6,50 ha en Bourgogne, 17 ha à Bordeaux et 70 ha pour les Grands Crus Classés en 1855. Il est évident qu’on ne pilote pas de la même façon un vignoble en Bourgogne et un GCC dans le Médoc ou à Sauternes. Ceci explique en partie pourquoi les GCC nous semblent moins sensibles aux modes, par définition éphémères, qu’aux tendances lourdes, par définition durables : ici, on ne change pas de cap par caprice, mais par conviction.


Le « Bordeaux composite » a triomphé du « Bordeaux style »

Les derniers millésimes en bouteilles sont 2020 et 2021. Une comparaison riche d’enseignements puisqu’elle a obligé les châteaux à se dévoiler dans les extrêmes. D’un côté 2021, caractérisé par des pluies printanières et un été maussade (suivi d’une sècheresse estivale tardive, mais importante), qui a exigé de la retenue dans les extractions. De l’autre, 2020, marqué par un printemps chaud et une très longue période de sècheresse sans une goutte de pluie (sauvé par les nuits fraîches de septembre), qui a demandé beaucoup d’attention face à des matières très concentrées (avec des valeurs d’IPT**** records). 
Rares sont les châteaux qui, ayant réussi un millésime, ont échoué sur l’autre. Ce qui laisse à penser que la réussite d’un château repose moins sur la qualité que sur le style. La retenue qui s’imposait en 2021 était au fond la même dont il fallait faire preuve en 2020 pour des raisons inverses. Les châteaux qui ont brillé par leur délicatesse et leur équilibre en 2021 ont magnifié les puissants 2020 d’une touche raffinée et soyeuse, aux tannins poudrés. Autre fait notable, l’éclat du fruit sur les deux années. À quelques exceptions près, 2021 affiche un profil fringant tandis que 2020 brille par sa juste maturité. De part et d’autre, toujours pour des raisons inverses, mais parfaitement symétriques, l’expression aromatique se révèle précise et pleine d’éclat, ce qui augure le meilleur dans quelques années et vient confirmer, si nécessaire, les excellents progrès en matière d’élevage et de gestion de l’oxygène. Dernier fait marquant, le merlot qui, en 2020, voit son pourcentage augmenter par rapport à 2021. On y voit volontiers le signe du changement de paradigme agronomique expliqué plus haut, celui d’une meilleure adéquation sols-cépage avec, le cas échéant, un matériel végétal mieux sélectionné. Au merlot trop mûr, compensateur d’un cabernet qui l’était rarement se substitue une complémentarité cabernet-merlot plus harmonieuse et différentielle. 

Henri Lurton et Christophe Capdeville du Château Brane-Cantenac
Henri Lurton et Christophe Capdeville du Château Brane-Cantenac

À Margaux, Château Brane-Cantenac domine les débats sur les deux millésimes dans un style digne d’un « Premier ». Les châteaux Cantenac-Brown et Marquis de Terme sont à surveiller de près, les vins ayant gagné en élégance et en précision. Enfin, Château Marquis d’Alesme, en 2021, une bonne surprise, qui voit ses efforts récompensés. À Pauillac, Pontet-Canet est toujours aussi raffiné, avec peut-être le sentiment d’une précision retrouvée. Coup de cœur pour Château Pédesclaux, très élégant, quel travail accompli. Château Lynch-Bages fidèle à lui-même, impressionnant, mais avec cette fois la précision en plus. À Saint-Estèphe, Château Montrose 2021 séduit par son style délicat, tandis que Tronquoy 2020 régale et surprend, comme toujours. Enfin, Saint-Julien : Château Léoville-Poyferré est toujours concentré, mais mieux défini, donc plus équilibré, on aime. Château Talbot cherche l’harmonie et la trouve, ça sonne juste et bon. De même Branaire-Ducru, d’un style contenu et toujours équilibré, sinon élégant. Côté Graves, nous n’oublions pas La Mission Haut-Brion et Château Haut-brion, qui s’improvisent dentelliers en 2021 (imaginez Chambolle-Musigny Les Amoureuses version Cabernet-Merlot…). Les 2020 sont tout aussi remarquables, mais diamétralement opposés, avec Une Mission voluptueuse et un Haut-Brion abyssal.
Côté liquoreux, Barsac et Sauternes confirment les évolutions stylistiques engagées il y a plus de 10 ans, à savoir des élevages raccourcis, une meilleure maîtrise de l’évolution des jus et une part assumée de raisins dorés qui n’entame en rien la remarquable complexité de ces grands vins. 2021 a été très difficile à Barsac, très touché par le gel, et très faible à Sauternes. Plusieurs passages pour quelques hl/ha (1hl/ha à Château Coutet !), des sélections drastiques pour éviter la pourriture acide, pour finalement obtenir des vins rares, mais d’excellente facture, lumineux et agrumés dans les arômes, dôtés d’une excellente fraîcheur. Le style ciselé et vif du millésime les rend dès à présent très agréables à la dégustation. Parmi ceux qui ont pu produire quelques bouteilles, Château de Rayne-Vigneau, Château Coutet et Château Suduiraut sont remarquables de pureté et de fraîcheur.  Quant à 2020, il a donné du fil à retordre, avec une succession d’épisodes pluvieux à partir de fin septembre, qui a obligé les châteaux à choisir entre vendanger des raisins peu concentrés ou faire le pari d’attendre pour voir leur audace récompensée. Là encore, de faibles rendements (8,5hl/ha à Château Suduiraut) pour des vins de grande qualité, plus exotiques et amples qu’en 2021, mais guère plus riches en sucres, avec cette caractéristique intéressante d’être très agréable à savourer aujourd’hui. Château Doisy-Védrines, Château de Myrat, Château Guiraud, Château Coutet et Château Suduiraut sont les gagnants du millésime.
Les quelques blancs secs qui nous ont été donnés de déguster sont très pertinents. Dans la continuité stylistique des rouges, les élevages sont effacés au profit d’un fruit plus franc et moins variétal. Les équilibres tranchent en faveur d’un style plus longiligne et moins démonstratif, ce qui trouve notre préférence, en particulier dans le sous-estimé millésime 2021 – alors que beaucoup ont préféré un 2020 plus flatteur. À cet égard, saluons les grands blancs 2021 de Clarence Dillon : Clarté de Haut-Brion, La Mission Haut-Brion et Château Haut-Brion, tous absolument brillants dans ce style effilé et limpide. Plus au sud, le remarquable Opalie de Château Coutet, toujours en 2021, à la fois délicat et salin, comme un clin d’œil à son cousin liquoreux. 

Vins de la Mission Haut-Brion et Château Haut-Brion

L’ensemble des vins dégustés est à retrouver en fin d’article pour une lecture plus détaillée des millésimes. S’il ne fallait retenir qu’un seul enseignement de ces livrables c’est celui d’un « style bordelais » révolu, celui qui un temps permettait à quiconque d’identifier Bordeaux et, depuis quelques années malheureusement, de cristalliser par inertie tous les reproches de l’amateur contemporain. Ce style a cédé la place à un « Bordeaux composite », dont l’expression est plurielle et toujours singulière. Dans ce « Bordeaux composite », les vins partagent cependant un lien de parenté. Un lien qui n’est pas un style œnologique, mais un trait commun, résultant d’une tension des contraires... Nombreux sont les vignobles qui cultivent les cabernets et le merlot. Mais quels sont ceux qui obtiennent dans un même vin concentration et fraîcheur, complexité et finesse, structure et harmonie ? Ça commence par un B.

Olivier Borneuf

 

Notes de dégustation 2020 et 2021

*La dégustation des livrables (vins en bouteille commercialisés) 2020 et 2021 a été organisée par le conseil des Grands Crus Classés en 1855. Nos remerciements à son Président M. Philippe Castéja et son directeur M. Sylvain Boivert pour l’organisation.

**Si le Château a intérêt à obtenir la meilleure note possible, quel est l’intérêt du critique à mettre une meilleure note ? Si celui-ci « déçoit » le château, sa note risque de ne pas être prise en compte par ce dernier, engendrant une perte de visibilité pour le critique dans l’univers médiatique des grands vins. En revanche, si le critique encense ce même château, il est fort à parier qu’il comptera parmi les publications de ce dernier. En outre, le critique peut décider de « suivre » la note moyenne de ses confrères afin de ne pas être écarté du champ médiatique auquel il a besoin d’appartenir pour exister. Autrement dit, un critique peut secrètement être en désaccord avec la tendance générale sur un vin, et publiquement décider de rejoindre la majorité, surtout si ce critique entretient des relations commerciales avec le château.

***Utilisé par de nombreux châteaux depuis 2018, l’Rpulse renouvelle délicatement le chapeau de marc lors de la vinification sans action mécanique.

****Indice de Polyphénols Totaux